Habitat et répartition

Habitat

Cet oiseau sédentaire s’est réfugié, dans les Vosges, sur les crêtes. Il habite des forêts allant de la sapinière pure à 400 m d’altitude jusqu’à la hêtraie rabougrie qui, à partir de 1100m, coiffe la forêt de résineux.

Très corpulent, il a besoin de futaies mélangées claires dans lesquelles il puisse se déplacer en vol et, le soir, se percher (et se protéger des prédateurs) sur les branches horizontales de grands arbres. 

Au sol, la présence de myrtilles est fondamentale pour sa nourriture et son abri.

Typiquement forestier, il affectionne particulièrement les forêts claires et âgées de conifères, pures ou mêlées d’essences feuillues et parfois de genévriers. On le rencontre aussi dans des hêtraies pures, hêtraies-sapinières ou sapinières pures, toutes claires et âgées.

Lors de la période de chant, les mâles et les femelles vont se retrouver sur des places de chants, représentées par des milieux ouverts intra forestiers.

Ainsi, la stratégie de reproduction du Grand Tétras et son mode de vie impliquent la nécessité de grands territoires forestiers composés de gros bois et non fractionnés pour assurer la survie des populations.

Distribution

En Europe du nord et de l’est, le Grand Tétras occupe encore une bonne part de son aire de distribution originelle.

Des extinctions se sont produites dans la majorité des forêts de plaine au cours du XIXe siècle en Europe de l’ouest et Europe centrale. Dans ces régions, la plupart des populations subsistantes comptent moins de 200 oiseaux et sont probablement isolées. 

D’une manière générale, l’espèce est considérée comme menacée en Europe de l’ouest, centrale et du sud-est. Elle est encore bien représentée dans la taïga scandinave et russe, bien qu’en déclin localement où elle est vulnérable.

Le massif des Vosges constitue donc la limite ouest de l’aire de répartition du Grand Tétras. Il est donc nécessaire d’agir pour limiter l’érosion de sa zone de distribution. Les populations allemandes situées en Forêt Noire sont en effet également fragilisées.

Au niveau national, cette espèce se retrouve dans les Pyrénées et le Jura mais la sous-espèce major ne se trouve que dans les Vosges et le Jura. Bien que les populations du Jura soient un peu plus importantes (300 à 400 individus), elles sont également fragilisées.

L’espèce a déjà disparu des Alpes françaises dans les années 2000, il est urgent de préserver les dernières populations afin d’éviter un déclin irréversible.