Menaces

La population de Grand Tétras dans le massif vosgien était estimée à environ 500 individus en 1972 puis à seulement 350 en 1989.

Les estimations de 2005 n’annoncent plus qu’une centaine d’individus sur l’ensemble du massif.

Plusieurs causes de ce déclin ont été identifiées :


Fragmentation et dégradation des habitats

La fragmentation et la dégradation des habitats sont considérées comme les causes majeures de la diminution des effectifs de Grand Tétras sur l’ensemble de son aire de distribution.

Depuis de nombreuses années, les peuplements forestiers ainsi que les paysages du massif vosgien ont connus de nombreuses évolutions, parfois défavorables au Grand Tétras :

 

            - rajeunissement des peuplements autrefois favorables au Grand Tétras 
            - fermeture du peuplement, liée au déclin du pâturage en forêt et à l’évolution des pratiques sylvicoles
            - diminution de la strate sous-arbustive et donc diminution de la ressource alimentaire et du couvert protecteur, liée localement à des surdensités de cerfs
            - coupes à blanc suivies de plantations monospécifiques d’essences de substitution
            - gestion en futaie régulière par grandes parcelles : seul le stade des coupes de régénération, avant la coupe définitive, peut constituer un habitat favorable au Grand Tétras
 

Ces diverses modifications de l’habitat ont pour conséquences de morceler les populations et de les isoler, situation d’autant plus préjudiciable que les effectifs de l’espèce sont faibles. Par ailleurs, dans ce contexte, la sensibilité de l’espèce à la prédation et surtout au dérangement devient un facteur aggravant.
 

Dérangement

Le développement des activités touristiques et de loisir dans le massif a accentué le dérangement de l’espèce. Ce dérangement, surtout en période hivernal est une importante de la diminution des effectifs de Grand Tétras.

Le massif des Vosges, montagne la plus peuplée de France, est entourée d’importantes agglomérations situées à moins de 2h de route (Strasbourg, Nancy, Metz, Colmar, Mulhouse, Bâle). Ainsi les Hautes Vosges principalement, faciles d’accès, voient leur fréquentation osciller entre 10 et 15 millions de visiteurs par an.

Au cours des dernières décennies, les activités touristiques de masse ont explosé et ainsi une trentaine de stations de ski ont vu le jour. L’ouverture de nouveaux accès touristiques, pastoraux ou forestiers, permet aux personnes (promeneurs à pied, en VTT, en quad, en 4X4, en ski de fond ou en raquettes à neige, chasseurs, etc…) de s’aventurer dans des lieux auparavant peu fréquentés.


Le dérangement occasionné par la chasse photographique mal pratiquée ou excessive, sur les places de chant constitue également une menace importante en développement.


Déséquilibre cynégétique

Les cerfs et sangliers ne sont pas des prédateurs directs du Grand Tétras mais leur surdensité peut tout de même avoir un effet sur l’évolution des effectifs de Grand Tétras. 

En effet, de très fortes densités de cerfs peuvent également être néfastes en raison de l’abroutissement intensif des myrtilles et de la diminution du couvert au sol.  
De même, le sanglier, en cas de surnombre, laisse peu de chance aux nichées et pontes au sol, en raison de son opportunisme et de ses mœurs fouisseuses.

 

La chasse peut localement avoir un impact indirect sur le déclin du Grand Tétras. Bien qu’elle ne s’exerce pas directement sur le Grand Tétras (interdite dans le massif vosgien), elle occasionne notamment lors des battues, des dérangements importants.

Il existe également un impact défavorable du braconnage sur les populations de Grand Tétras, mais cette pratique reste difficilement décelable.